Notre ami Bernard Destrez a participé à une tournée en Bolivie avec la Sagarnaga, une association attachée aux musiques traditionnelles des Andes boliviennes. Il nous retrace cette expérience.
Mûri depuis quatre ans, le projet de tournée (Gira Boliviana) est entré dans le concret le 3 août par un concert donné devant une salle comble au Teatro Munícipal de Cochabamba, un cadre idéal pour venir interpréter en grand groupe la musique des Andes que nous apprécions tant devant le peuple Bolivien lui-même.
La tournée s’est poursuivie à Oruro dont le carnaval est réputé comme le 3ème du monde après Rio et Venise. Puis, à La Paz, capitale économique, à Coroico au cœur des Yungas, les Terres tièdes, transition entre l’Altiplano et la forêt amazonienne. Ensuite, nous avons donné un concert à Llallaguas avant de nous arrêter à Sucre, capitale constitutionnelle, où nous avons rencontré nos partenaires de la Fondation Los Masis (Centro Cultural Masis), dont l’objectif est de conserver l’identité culturelle traditionnelle pour les jeunes générations de Bolivie. Un moment particulièrement émouvant : nous assistons à des musiques autochtones très symboliques de la vie des amérindiens des Andes. Pas d’instrument à cordes. Pourtant on note déjà les harmonies présentes avant l’apport du conquérant. Le concert s’est terminé par une belle cérémonie à la Pachamama, déesse Terre-Mère, la divinité la plus importante de la cosmogonie des peuples andins (notamment quechua et aymara).
La Fondation Los Masis (Centro Culturel Masis)
A l’origine, la Fondation est une initiative du groupe Los Masis, un ensemble musical de folklore andin/bolivien. Le nom même vient du mot quechua masi qui signifie amitié et fraternité. La Fondation accueille des enfants des rues pour leur offrir un mañana con futuro, un demain qui soit un avenir. Offrir à des jeunes, garçons et filles, une éducation globale à travers la culture et la musique des peuples des Andes, telle est la première mission que s’est donnée le Centro Cultural Masis. Les ressources financières viennent essentiellement des concerts de musiques traditionnelles donnés en Bolivie, mais aussi à travers les Amériques et l’Europe.
De ce travail de fond, sont nés trois groupes :
– Los Juchuy Masis pour les plus jeunes (en quechua, juchuy signifie petit, jeune)
– Los Q’arapanzas (les Ventres de cuir, à cause de leur large ceinture de cuir ornée de médailles, élément traditionnel de costume), le groupe des teenagers.
– Indomito (Indomptable, indompté, insoumis?), le groupe de folklore latino qui propose des cours de chant, de guitare, de charango (sorte de luth), de quena (flûte andine) et de zampona (flûte de pan) et donne des récitals.

Et encore d’autres expériences, d’autres émotions
Après ce moment fort, notre tournée s’est poursuivie vers Uyuni oú nous sommes accueillis par les communautés vivant aux abords du Salar, le désert de sel où nous avons assisté à un concert de musiques autochtones qui nous a pris aux tripes devant l’immense espace blanc et bleu du salar. Puis à Tupiza, nous avons retrouvé les traces du guitariste Alfredo Dominguez (membre du groupe Los Jairas) auquel La Sagarnaga est attachée. Ensuite, Tarija aux allures de Buenos Aires (nous sommes proches de l’Argentine) puis retour sur La Paz. Chaque étape a été, pour nous, les gringos venus sur ces terres à leur rencontre, l’occasion de leur offrir des concerts dignes de leur génial répertoire.
