Nous mettons à notre répertoire un Stabat Mater du compositeur polonais de musique baroque Grzegorz Gorczycki. Son oeuvre comporte essentiellement des chants sacrés, il était en effet prêtre catholique. Nous avons déjà chanté une de ses oeuvres Omni die, dic Mariae.
Ce Stabat Mater sera au programme de notre concert du 24 mai à Questembert. Nous le chanterons avec la chorale Crescendo de Romagnat (Puy-de-Dôme). Notez la date.
Le Stabat Mater, un classique
Le Stabat Mater est une hymne religieuse qui évoque Marie, mère de Jésus, debout au pied de la Croix. associée à la fête de Notre-Dame des sept Douleurs par l’église catholique, d’où son nom de Sequentia de Septem Doloribus Beatæ Virginis. Le texte est attribué au moine italien Jacopome da Todi. D’abord chanté en grégorien, le Stabat Mater a été mis en musique par les plus grands compositeurs, Pergolese mais aussi … Karl Jenkins, en 2008.
Le texte et la traduction
Le texte complet de la séquence comporte 20 strophes de 3 vers avec des rimes sur 2 strophes (aab ccb dde ffe). Dans sa composition, Gorczycki n’ a retenu que les strophes 1 et 2 puis 9 et 10, alors que, par exemple, Pergolese, qui en a donné sans doute la plus célèbre version, met en musique le texte entier.
| Stabat Mater dolorosa iuxta Crucem lacrimosa dum pendebat Filius. | Elle se tenait debout, Mère douloureuse, près de la croix, en larmes, tandis que son Fils était suspendu. |
| Cuius animam gementem, contristatam et dolentem, pertransivit gladius. | Elle dont l’âme gémissante, triste et dolente, fut traversée par un glaive. |
| O quam tristis et afflicta fuit illa benedicta Mater Unigeniti. | Ô que triste et affligée, fut cette femme bénie, Mère du Fils Unique ! |
| Quæ mærebat, et dolebat, Pia Mater dum videbat nati pœnas incliti. | Elle gémissait et se lamentait, la tendre Mère en voyant les souffrances de son célèbre Fils. |
| Quis est homo, qui non fleret, Matrem Christi si videret in tanto supplicio ? | Quel est l’homme qui ne pleurerait s’il voyait la Mère du Christ dans un si grand supplice ? |
| Quis non posset contristari, Christi Matrem contemplari dolentem cum Filio ? | Qui pourrait ne pas s’affliger contemplant la mère du Christ souffrant avec son Fils ? |
| Pro peccatis suæ gentis vidit Iesum in tormentis et flagellis subditum. | Pour toutes les fautes humaines, elle vit Jésus dans la peine et soumis aux fouets. |
| Vidit suum dulcem natum moriendo desolatum, dum emisit spiritum. | Elle vit son Enfant bien-aimé mourir tout seul, abandonné, et soudain rendre l’âme. |
| Eia Mater, fons amoris, me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam. | Ô Mère, source d’amour, fais-moi sentir la force de ta douleur que je pleure avec toi. |
| Fac, ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut sibi complaceam. | Fais que brûle mon cœur dans l’amour du Christ mon Dieu : et ne cherche qu’à lui plaire. |
| Sancta Mater, istud agas, crucifixi fige plagas cordi meo valide. | Sainte Mère, fais cela grave les plaies du Crucifié en mon cœur très fortement. |
| Tui nati vulnerati, tam dignati pro me pati, pœnas mecum divide. | 12) De ton Fils blessé, qui daigna souffrir pour moi partage avec moi les tourments. |
| Fac me tecum pie flere, Crucifixo condolere, donec ego vixero. | Laisse-moi pleurer tendrement avec toi, partager la souffrance du Crucifié, au long de mon existence ! |
| Iuxta Crucem tecum stare, et me tibi sociare in planctu desidero. | Près de la croix, avec toi rester et m’associer avec toi, dans le deuil, voilà mon désir. |
| Virgo virginum præclara, mihi iam non sis amara : fac me tecum plangere. | Vierge des vierges, toute pure, Ne me sois pas défavorable ; fais que je me lamente avec toi. |
| Fac ut portem Christi mortem, passionis fac consortem, et plagas recolere. | Donne-moi de porter la mort du Christ, fais moi l’associé de sa passion, et le gardien de ses plaies. |
| Fac me plagis vulnerari, fac me Cruce inebriari et cruore Filii. | Laisse-moi être blessé de ses plaies, m’enivrer de la croix et du sang de ton Fils. |
| Flammis ne urar succensus per te, Virgo, sim defensus in die iudicii | Pour ne pas brûler dans les flammes dévorantes par toi, Vierge, que je sois défendu au jour du jugement. |
| Christe, cum sit hinc exire, da per Matrem me venire ad palmam victoriæ. | Ô Christ, à l’heure de partir, puisse ta Mère me conduire à la palme de la victoire. |
En grégorien
En rappel, le Stabat Mater de Pergolese, avec Philippe Jaroussky, dirigé par Nathalie Stutzmann
Et celui de Grzegorz Gorczycki.
